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2 oct. 2014

QUAND SYNGENTA PARLE DE CROISSANCE «DURABLE»

Syngenta est le plus grand producteur de pesticides au monde et le troisième plus grand producteur de semences. 
En septembre 2013, la firme bâloise a lancé en grande pompe son «Good Growth Plan», une feuille de route en six points pour une croissance responsable. Ce programme n’a pas jeté de poudre aux yeux de la DB, qui en a fait une analyse détaillée. Celle-ci montre que le ce plan est avant tout une vaste opération de relations publiques destinée à soigner l'image de l'entreprise. En effet, les objectifs, les mesures et les indicateurs définis par Syngenta ne garantissent pas qu’elle assume ses devoirs de diligence en matière de droits humains et de protection de l’environnement. La multinationale se garde bien d’aborder les questions fondamentales relatives aux conséquences négatives de ses propres produits et de sa politique d’entreprise. 

En 2013, les pesticides représentaient 75% du chiffre d’affaires de Syngenta. Dans son «Good Growth Plan», la firme bâloise ne remet pas en question la vente de produits hautement toxiques à des agriculteurs et agricultrices qui ne disposent souvent pas des moyens de protection et de la formation nécessaires pour les utiliser en toute sécurité. La pollution de l’eau engendrée par les pesticides et les problèmes causés par l’industrialisation de l’agriculture sont également passée sous silence.

Syngenta insiste notamment sur sa contribution à la sécurité alimentaire. Or, la firme bâloise réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires avec des produits principalement destinés à nourrir le bétail ou à la production d’agro-carburants, et non à l’alimentation humaine.
Dans son plan, Syngenta propose par exemple d’aider les abeilles en plantant des champs de fleurs sauvages afin de favoriser la biodiversité. Elle se garde toutefois d’aborder les questions fondamentales relatives aux conséquences négatives de ses propres produits et de sa politique d’entreprise.
La mise en œuvre des Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits humains est l’un des piliers centraux d’une politique d’entreprise responsable. Pourtant, Syngenta ne prend aucune mesure concrète pour assumer ses devoirs. L’analyse de la Déclaration de Berne montre que le «Good Growth Plan» est avant tout une vaste opération de greenwashing destinée à soigner l’image de la firme, plutôt qu’une stratégie visant à remettre en cause et à améliorer ses pratiques. A l’heure où de nombreuses organisations internationales appellent à un changement de paradigme dans l’agriculture, Syngenta freine ces réformes essentielles et défend ses intérêts économiques, sous couvert de durabilité.

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