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16 août 2012

Le pouvoir sacré et retour à la féminitude



Avec le pouvoir du sang féminin vient une panoplie de croyances qui ont souvent été mal interprétées. 
Dans plusieurs cultures, les ethnologues ont pu remarquer que les femmes menstruées et le sang féminin étaient considérés « tabou »; elles doivent être évitées afin qu’elles ne contaminent pas les hommes, leurs activités, ou leurs possessions. Mais ces chercheurs n’ont pas su comprendre pleinement ces interdictions; ils n’ont certainement pas compris leurs valeurs positives. Oui, les femme menstruées peuvent être sujettes à des restrictions, mais elles sont également considérées sacrées et puissantes.

Les femmes menstruées sont représentées dans plusieurs cultures comme des déesses donneuses de vie ou comme des démons polluants. Parfois, un peu des deux. La vision négative se retrouve plus souvent là où un clergé hiérarchique masculin contrôle étroitement l’idéologie religieuse. La pratique hindoue du tantra inclue des rituels où l’on vénère le cycle menstruel; dans le courant de l’hindouisme sanskritique, toutefois, ces rituels sont considérés comme polluants.  
Dans le Shinto japonais – où les dirigeants religieux sont surtout féminins – les femmes menstruées sont reconnues pour représenter le divin féminin. 
Le bouddhisme clérical pratiqué au Japon, en Chine, au Tibet et en Inde – où les prêtres sont presque tous masculins – déclare que les femmes menstruées sont sales.

La honte, la peur et l’envie des menstruations
Dans la tradition chrétienne, la malédiction menstruelle et la douleur de l’enfantement sont l’héritage de la désobéissance d’Ève dans le Jardin d’Éden. En mangeant le fruit de la connaissance, offert par le serpent, apporta ces punitions à toutes les femmes mortelles. Jusqu’à ce jour, le sang menstruel est encore considéré comme impur par l’Église catholique romaine. Une raison pour laquelle les pères de l’Église refusent de permettre l’ordination des femmes en tant que prêtres est que leur sang utérin polluerait l’autel sacré.
Dans la tradition juive, aussi, les menstruations sont le résultat des actions d’Ève dans le Jardin d’Éden. La femme menstruée, appelée niddah en hébreu, doit suivre un code légal spécifique lui interdisant d’avoir des relations sexuelles. Chaque mois, elle compte cinq jours de menstruation, et y ajoute sept jours de pureté, durant lesquels elle plonge son corps dans la mikvah, un bain rituel. La loi Talmudique stipule que s’il est permit à une femme de cohabiter avec son époux après le bain, au huitième jour, il ne lui est pas permis de prendre ce bain durant le Sabbat, même si c’est son huitième jour.
Dans la société occidentale, les femmes cachent leur saignement menstruel dans leur langage – par des euphémismes – et en pratique. Les études ont démontré que plusieurs jeunes femmes cachent leurs premières menstruations à leurs mères et partagent leurs expériences avec d’autres jeunes femmes seulement après une certaine période de temps. La psychologue Melanie Klein pense que ces filles agissent ainsi parce qu’elles associent inconsciemment le sang menstruel avec l’urine et les matières fécales, donc, avec la contamination.
La croyance judéo-chrétienne a dépeint les menstruations comme une forme de punition ou de souillure plutôt qu’un temps pour l’éveil spirituel et de purification naturelle. Des attitudes anti-menstruelles ont tordu notre compréhension du pouvoir du sang menstruel et des célébrations organisées et conduites par les femmes menstruées. Le retrait des femmes de certains endroits spéciaux lors de leurs règles a été interprété comme un signe de la dégradation des femmes plutôt que de représenter les aspects positifs de la réclusion.

Il y a aussi eu une raison sociétale pour laquelle les femmes minimisent leurs cycles menstruels : au tout début de la révolution industrielle, les hommes doutaient que les femmes dans la main-d’œuvre pouvaient être capables d’effectuer leurs tâches jour après jour. Les réformateurs sociaux embauchèrent des chercheurs pour prouver que les femmes pouvaient effectuer leur travail lorsqu’elles étaient menstruées aussi aisément que lorsqu’elles ne l’étaient pas. Ils conclurent que les femmes ne démontraient aucune inefficacité dans les travaux manuels ou dans les associations de mots durant leurs menstruations. Des études plus récentes révèlent quelque chose de légèrement différent : évidemment, l’habileté pour la routine physique diminuait quelque peu, mais la pensée créative et la résolution de problèmes s’amélioraient vraiment peu avant et pendant les menstruations.

Le résultat global est que pendant trop longtemps les femmes occidentales ont eu à s’excuser pour leur sang féminin. 
Il est temps pour les femmes d’embrasser cette différente; 
ensuite seulement les hommes pourront-ils apprendre à respecter le pouvoir des menstruations.

La fierté féminine des menstruations
La honte entourant les menstruations qui semblent faire partie de la société Occidentale est une guerre culturelle contre la nature.

De même, les femmes Aymara vivant près du Lac Titicaca, en Bolivie et au Pérou, croient que les menstruations nettoient et renforcent leur spiritualité. Les ethnologues ont décrit ces femmes, qui ont voyagé partout à travers les Andes pour pratiquer leurs habiletés shamaniques guérisseuses, sont plus puissantes que les hommes guérisseurs. De l’avis de ces femmes, le flux mensuel du sang les purifie et les renforce, les rendant spécialement efficaces pour la guérison de problèmes reproducteurs comme la stérilité et l’infertilité, ou autres problèmes comme le trouble entre amants.

Les femmes d’aujourd’hui, indépendamment de leurs affiliations ethniques et religieuses, pourraient développer des rituels pour célébrer leur divin féminin et leurs menstruations. Durant cette période spéciale, elles pourraient faire des pèlerinages jusqu’à des endroits sacrés pour s’harmoniser avec leur biorythmes naturels et leur courant menstruel. En se libérant elles-mêmes de l’idée dommageable qui veut que les menstruations soient une « pollution » ou une « malédiction », et en réalisant des rituels pour leurs temps de lunes, cela encouragerait leurs pouvoirs intuitifs et spirituels, et elles seraient ainsi plus fortes dans plusieurs autres aspects de leurs vies.

Les femmes du mouvement spirituel de la Déesse rassemblent leur sang menstruel et l’utilisent pour nourrir les plantes de la maison, ou pour peindre une toile qu’elles montrent publiquement. Ces activités sont contraires à la vision des menstruations comme étant la « malédiction d’Êve ».  

Plutôt que de les voir comme quelque chose d’embarrassant, de dégoûtant, comme un fléau pour les femmes, le sang menstruel devient une forme matérielle d’énergie subtile – propre, belle, créative et puissante – et c’est ce qu’il est.  
Sans doute, la leçon la plus basique de toutes est que les femmes peuvent atteindre des états de conscience mystiques – et servir de guérisseuses shamaniques – en considérant leurs corps et leurs fluides corporels comme étant intégraux à leur spiritualité et non comme des obstacles envers celle-ci. Lorsque le sang féminin est senti comme une matérialisation de l’énergie vitale, les menstruations donnent aux femmes une voie spéciale vers la compréhension et la guérison spirituelles.

Source : Le Sacré, le Dangereux et l’Interdit :
Les tabous menstruels en tant que pouvoir féminin
Chapitre 13 du livre Woman in the Shaman’s body de Barbara Tedlock, traduit et
adapté par Ishara Labyris

A toutes les so(u)rcières, filles de la Lune :  
REPRENONS NOS DROITS !!!

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